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Liens Internet |
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La page consacrée à
Edouard Glissant sur l’excellent site de Thomas Spear,
« Ile en île ». On y trouvera entre autres une sélection de plusieurs
liens Internet particulièrement bien documentée (en bas de page), à consulter
en priorité.
La page de
présentation du « Distinguished Professor » Glissant, sur le site du Graduate Center de CUNY
(City University of New York). Bibliographie,
informations diverses.
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Actualités du site |
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L’actualité, pour l’heure, c’est bien
sûr le lancement même du site, qui naît officiellement en ce mois de septembre 2006.
Ce lancement officiel bénéficie de certains partenariats, qui seront autant de
relais à l’avenir, des activités de Edouard Glissant.com.
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Le site est partenaire de France
Culture.com et du programme « Les Sentiers de la création »,
qui accueille la diffusion in extenso du colloque de Carthage d’avril 2005.
Le lancement du site sera
prochainement annoncé sur Fabula (premier portail francophone de la
recherche en littérature), qui a su relayer très efficacement le développement
du site Sjperse.org consacré à Saint-John Perse, qui accompagnera quant
à lui à son tour cette naissance d’Edouard Glissant.com.
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À propos... Glissant, à propos d’Internet et des nouvelles technologies « Nous démêlons
les techniques de communication, nous ne pouvons pas en isoler les flux, leur
intensité, leurs orientations, leurs variances. Nous saurions à peine
vérifier quelles parties du monde, quels peuples, profitent ou non de leur
développement. Nous nous en remettons, pour
approcher ces techniques, à des intuitions en forme de lieux-communs,
en attendant peut-être que des sciences d’analyse globale viennent nous
rassurer. Comme un instinct d’eau qui nous pousse, en pleine touffeur de
forêt. Le contact La multiplication des
communications a développé des besoins nouveaux, et bien sûr et en premier
lieu le besoin du contact et de l’échange, qui hier avait sourdement
motivé ou justifié les voyages et les conquêtes, sans qu’il y parût. Mais ce besoin du contact e réalité répond
à un autre besoin, plus fondamental, qui est de rassurer la subjectivité de
chacun ou de chaque peuple ou communauté. L’apparente objectivité des moyens
de communication constitue le voile parfait sous lequel un tel besoin de
subjectivité se renforce. Du goût de la subjectivité satisfaite grandit
une autre nébuleuse, tout aussi insondable, qui est la propagation pure et
simple, mais innommée, d’un besoin généralisé du sentiment de plaisir.
Qui, bien sûr, n’est pas le plaisir, mais sa semblance. Ce sentiment quitte
ses aires directes d’expression et se camoufle de plus en plus sous les
objectivités rassurantes des techniques et des observations de précision, ou
des mises en scène de somptuosité, jetées en vrac et en commun. »
La Cohée du Lamentin, p. 168 « L’imprévisible,
le discontinu nous ravissent, encore que nous ayons peur de nous accoutumer à
leur spirale. Si les techniques du visuel, de l’informatique et de l’oralité
changent la matière des livres, si même elles les remplacent pas d’étranges
objets que nous ne pouvons pas imaginer, si elles transforment les bibliothèques
en bien autre chose que des médiathèques, si elles repoussent dans leur
profondeurs où il faudra explorer longtemps, les livres traditionnels, je
veux dire de ceux qu’on n’aura pas mis
encarte ou porté sur écran, est-il pour autant sûr que cette mise sur écran
aura rompu le charme ou effacé l’éclat ? L’écran dans sa transparence
n’équivaut-il pas à la page dans son épaisseur ? Et ne nous
habituerons-nous pas à ces étranges objets ? Disons ceci : L’internet,
que nous choisissons comme symbole et modèle pour le moment, nous jette au
plein du déferlement de notre totalité-monde, il
semblerait, et même si on peut cliquer pour en revenir à un sujet, que nous
ne saurions là mettre deux fois le pied dans la même eau, que la littéralité
du monde y est pour nous à la fois actualité et fugacité, que nous ne pouvons
y retenir quoi que ce soir qui nous
ancre, dans ce perpétuel courant. Ou bien faut-il apprendre aussi à apprendre
sans retenir ? On m’objecte qu’Internet ressemble plus à
ce que serait un stock, une accumulation, qu’à un flot. C’est vrai. Mais la
manière de s’en servir en régit les caractéristiques. Quand nous consultons
là, nous déroulons. Si les sciences classiques avaient pour fin l’infiniment
petit et l’infiniment grand, nous devinons que la science informatique (il y
en a déjà une) ne considère que l’infiniment mouvant. Le livre, projet et objet, m’autorise la
gageure de surprendre à chaque fois cette même eau sur ma peau. Son courant
me procure la source et le delta, son commencement et sa fin, et en tout cas
autant de pages que je veux en même temps, il me laisse libre de les
concevoir dans une même portée :
ce qu’il étire entre ses rives est une évidence du permanent. Ou bien nous
faudra-t-il apprendre à surprendre la permanence, ou du moins son goût, dans
le mouvement incessant de la littéralité ? Je dirais ainsi : l’internet déroule
le monde, il l’offre tout dru, le livre en illumine et en délivre les
invariants. » Traité
du Tout-Monde, p. 159-161 |